A coeurs ouverts #1 : J'en ai besoin mais j'le fais pas

A coeurs ouverts est un rendez-vous hebdomadaire.

Un texte (mélange de témoignages et de mon histoire propre) vous est proposé comme une question, comme un appel, un élan...

Libre à vous ensuite de donner une partie de votre coeur en réponse, avec vos propres mots, votre regard et non vos leçons...

Je compilerai les réponses pour en faire un article la semaine suivante...

A vos plumes !



J'aurais besoin de lui parler et de lui dire combien je l'aime.

J'aurais besoin d'aller courir ou marcher, de respirer un grand bol d'air frais, de me sentir humaine...

J'aurais besoin, tu sais, d'être seule un moment... Parce que je ne sais plus vraiment qui je suis ni plus vraiment où je vais.

Mais j'le fais pas...

Je lui dis pas à quel point je l'aime, tu vois, parce que j'ai peur.

Parce qu'aimer c'est donner et j'sais pas ce que j'ai à lui offrir moi...

Puisque je ne me connais pas.

Et tu sais, ça me suffit peut-être ce qu'il y a dans ma tête.

Et d'ailleurs, pourquoi le monde serait différent de la façon dont je le pense dis-moi?

Non, j'irai pas respirer le grand bol d'air frais, ni courir ni marcher quand j'en ai besoin. Parce que ça m'effraie...

C'est pas de marcher, c'est pas tant de courir, pas tant de respirer, que d'écouter ce corps et ce qu'il a à me dire.

J'imagine déjà tout ce qu'il va me renvoyer de moi, de c'que j'ai pas fait, de toutes les fois déjà où j'l'ai pas écouté...

Je sais bien que je ne peux rien lui cacher...

Qu'il sait mes faiblesses et tout ce que je voudrais pas dire

Qu'il a gardé traces de toutes les blessures...

Moi les blessures j'en ai soupé si tu veux savoir, et ce que je veux c'est de la tranquillité.

Mais pas seule même si je sens que ça me ferait du bien.

Ca reste entre nous hein, mais ça me terrorise la solitude.

Ca me confronte, et puis des fois tu sais, ça me rappelle la mort.

Elle est bizarre cette phrase, non?

"Ca me rappelle la mort". Comme si je l'avais déjà vécue.

Alors que la mort pourtant, c'est à la fin, pas au début...

J'ai essayé des fois d'être seule et j'me suis mise à pleurer.

Comme ça, sans raison.

Tout à coup y'avait des émotions...

Et qu'est ce qu'en fais moi de tout ça?

Je découvre que je suis capable de me mettre à pleurer ou à rire comme un claquement de doigts...

Je suis folle, tu crois?

Non, la solitude c'est pas pour moi.


Et puis, pour être tout à fait franche, puisque là je me lâche, puisque là je dis tout...

Y'a un côté de moi à qui ça va bien de ne rien faire.

De pas avancer, de pas cheminer.

Parce qu'au moins je prends pas le risque d'être déçue tu vois.

Et s'il se passe quelque chose de malheureux, et bien ce sera la faute de la vie, voilà.

Ce sera la faute au manque de temps, aux enfants qui crient, aux vies anciennes.

Mais pas la mienne.

J'ai pas envie de porter de responsabilité, y'en a déjà suffisamment comme ça.

Et j'ai surtout pas envie de porter la culpabilité ou la colère. J'ai pas envie d'être triste non plus... Et si j'fais rien au moins j'évite tout ça, j'évite les tracas.

Voilà, je sais bien que j'en aurais bien besoin, je le sens des fois...

Mais j'le fais pas...


Dis, t'en dis quoi toi?


Transmettez vos mots, via la page Facebook ou par mail.

Je les publierai dans un prochain article.



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