Billet d'HUMEUR D'UN APPRENTI

Billets d’humeur d’un apprenti-sophrologue.1


Difficile, peut-être, d’imaginer plus rétif à la discipline que l’auteur de ces mots, cartésien convaincu, somme de savoirs divers, assis il fut un temps sur ses certitudes, c’est-à-dire finalement se mouvant entre les murs trop étroits d’un monde qu’il ne voyait qu’à moitié, considérant qu’il s’agissait là du tout. Sans doute en allait-il de même à l’égard des autres et pis de lui-même…

La sophrologie ne fut pas une révélation. Point de grande lumière, de voix de stentor ou de dextre désignant un horizon. Mais une rencontre assurément, qui prit les traits de celle qui m’amenait à la découvrir, dans la convergence de chemins menés d’abord en propre et de passions à priori dissociées. Une congruence, pour reprendre un mot cher à celle aux yeux noisette. J’épousais finalement les deux.

J’entrais en sophrologie, non pas comme on entre en religion, mais à pas circonspects. Trois ans plus tard, ce n’est pas davantage en prosélyte que j’inaugure ce journal d’un apprenti, quoique je sache gré déjà à mon exercice des progrès accomplis sur moi-même et de ce qu’ils m’apportent, à défaut d’une résolution encore, qui par ailleurs ne saurait totalement en dépendre, de sérénité, dans la relation que j’entretiens avec mézigue en premier lieu, les autres par extension. C’est peut-être par ces derniers que j’augure d’une définition nouvelle, que je laisse à leurs soins, conscient cependant du plaisir qu’ils prennent désormais à me côtoyer, quand il en fut autrement des décennies plus tôt.

La sophro dans tout ce verbiage ?

Mon quotidien désormais, compagne de chaque instant. Au quotidien, dans la tempérance que ma suractivité nécessitait, sans que j’y pourvoie alors. Dans les emportements conjugués au passé, quand je deviens le sujet favori de ma causticité. Dans le recul pris sur toute chose, jusqu’à craindre au présent en prendre trop parfois. Dans l’humour des enfants, témoins inauguraux d’une mue qu’ils voient se consacrer dans mes élans nouveaux. Dans les maux disparus. L’Amour qu’on m’a sans doute toujours porté mais que je sais enfin recevoir. Jusqu’aux préparations marathon qui s’y inféodent, ma façon d’écrire ou mes compositions musicales. Tout cela ayant pour effet de commencer d’apprécier le bonhomme, si longtemps dévoyé. Ce serait vanité que de prétendre vivre en paix avec l’autre en moi, mais au moins cohabitons nous maintenant en toute intelligence. Et je ne suis pas moins productif sans la sourde colère qui m’habitait et semble aujourd’hui avoir gagné un autre toit que le mien.

La discipline, qui n’est pas science mais y puise, n’en est ni l’instigatrice, ni seule responsable. Mais ainsi qu’elle s’affiche, m’accompagnant, sans lâcher ma main.

C’est donc l’histoire d’une résurgence à défaut de résurrection, qui lui précède, mais qu’elle habille de bienveillance, d’humanité, dans une ouverture en grand sur ce ou ceux qui m’entourent.

C’est un état, que je continue de découvrir et d’apprécier. Le « petit rien » qui suffisait à me faire dégoupiller, je l’ai trouvé en moi, pensant jusque-là qu’il s’agissait du monde alentour, pincé entre le pouce et l’index. Je l’ai observé et balancé d’une chiquenaude. Le monde n’y était pour rien.

Lorsque je me remémore nos premiers instants, m’intéressant à sa profession (L’entreprise de séduction valait bien que je m’y plie !) ma sophrologue de future femme eut cette même réponse, arguant qu’elle l’était à plein temps. Méprise ou raccourci liminaire qu’elle rectifiait ensuite. La professionnelle n’y attribue que le temps nécessaire, c’est-à-dire malgré-tout une bonne part de notre vie commune, mais l’individu s’y emploie, ainsi que je le découvre, continûment, les périodes de pétages de câble que nous nous octroyons incluses.

Alors ne pourrais-je définir la discipline qu’à l’aune de ce que j’y consacre. Sophrologue je ne suis pas encore. Et rien n’assure que je le deviendrais. Mon apprentissage m’assure au moins de ça.

L’imaginant, candide de circonstance, à mes débuts et comme beaucoup, sinon la plupart, ainsi qu’une pseudo-approche méditative, comme il s’en démocratise, donc en dévoie, un grand nombre, je l’associe désormais, dans son fondement, davantage aux neurosciences dont elle est fille prodigue, qu’à la secte que la vox populi pourrait décrier.

Que dire, apprenti-sourcier que je suis, sinon qu’elle m’a chamboulé, retourné, mis en colère ( avant que je ne comprenne que je l’étais contre moi essentiellement ), agacé, autant qu’émerveillé, ému, assagi, éveillé !

S’y intéresser, c’est revenir à la source, à condition de n’y pas venir chercher de la simple boîte à outil, du médicament, c’est à mieux dire un vecteur par lequel s’éviter.

A la source, de ses émotions, ses valeurs, son rapport à soi… C’est redécouvrir. Quoi ?

Rien moins que tout. Depuis sa respiration jusqu’à, peut-être, le sens à notre passage. Et le reste dans l’intervalle.

Comment donc ?! Dithyrambes avinés d’un esprit en mal de repères ? licence panégyrique d’un fendu du bocal ? Non point. Tolérez que ce soit là mon verbe, et rien que celui-là. Mais au-delà, un propos, celui du petit padawan en quête de la force.

Nous y sommes ! Mystique dévoilé, enfin !

Pas davantage. Au mieux anagogique, ce qui m’est bien pratique et certes une évolution notable depuis l’athéisme forcené derrière lequel il m’a semblé bon, un temps, de me réfugier. Mais poursuivons…

Je ne fais que revendiquer mon autonomie et ma liberté, celle de savoir sourire sur tout. Surtout. J’écris comme je pisse, même contre le vent. Bref…

Entrer en sophrologie, c’est accepter d’aller à la rencontre. De soi, des autres, du monde autour, de l’existence.

Ben tiens ! De l’univers aussi !!!

Ben oui, de l’univers aussi. Et de nous en son sein.

Sophrologie n’est pas nécessairement détente. Ceux qui la proposent simplement comme telle, sont des vendeurs d’élixir à deux balles. Ce peut être désagrément, mais de ceux qui font avancer, cheminer, exister au sens premier d’être là. C’est s’ériger.

Voilà. Premier volet d’une rédaction qui m’a été proposée. Que j’ai saisie. Une fantaisie assumée. Non pour exister, mais pour dire, si cela peut présenter un intérêt. Et que j’enrichirai à loisir si c’est le cas d’autres billets d’humeur, au gré du temps qu’il fait ou de la couleur du ciel.

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