LIBRE D'ALLER AU DEDANS


D’abord, parfois, les peurs qui surgissent…

Pas tant de l’inconnu mais plutôt de ce que l’on croit savoir déjà.

Le passé et les erreurs, les espoirs déçus, les joies envolées, les pensées contrariées.

Les deuils insidieux et les douleurs étouffées, la colère contenue…


D’abord, parfois, cette sensation de vanité…

Parce qu’à quoi servirait d’aller explorer des terres que l’on croit connaître déjà. Ce corps que l’on pense écouter, ce « moi » dont on saurait tout, voilà.


D’abord, parfois, le jugement que l’on pose…

Les « pas assez bien » « pas assez grand ». Les « je n’y crois pas », les « ce n’est pas moi » « et que penseraient-ils, ceux du dehors ? Et que penseraient ces parents, ces enfants, ces amis ? »…


Tout ça tout ça, et peut-être plus encore…

La vie qui court devant nous, et que l’on veut rattraper.

Les choses qu’on ne veut pas louper.

L’image que l’on veut donner.

Le temps qui file dont on veut être le maître.

Ce monde à dominer ou cet amour que l’on cherche…

Tout ça, tout ça…


Alors on n’y va pas, au-dedans…

Trop dangereux, trop émouvant, trop vrai peut-être ou trop déstabilisant… Trop noir sûrement. Et ce monde qu’est si vaste qu’on veut le fouler tout entier et l’apprendre, encore encore…


Puis vient un moment … L’occasion, la main tendue.

Dans un souffle nouveau ou, plus tard, dans le souffle dernier…