OBJECTIF MARATHON

Mis à jour : févr. 17



On pourrait rester dans des cases.

Celles où nos aïeux nous ont peut-être mis lorsque nous étions enfants...

Rose pour les filles, bleu pour les garçons.


On pourrait rester dans des cases oui.

Celles où l'on s'est mis soi-même et par lesquelles on s'est définis.

La case "artiste" pour certains, qui ne devrait pas côtoyer celle des entrepreneurs ; celle des matheux ou celle des littéraires, celle où l'on s'est fait des amis souvent, pendant les études ou les premières années de boulot, celle des bosseurs de l'usine qui ne devraient pas rencontrer celle des ambitieux, celle des buveurs de bières qui empêcherait de voir celle des sportifs...


On pourrait rester dans des cases.

Parce qu'elles sont confortables.

On en connait les limites, les frontières, chaque recoin.

On en connait les zones d'ombre et les éclats de lumière.

On en connait les défauts, à s'en plaindre parfois.

Et ça permet aux autres de nous reconnaître, d'être rassurés.

Chacun y allant de son reflet, et portant sur son voisin les traits qu'il connait du "sportif", de '"l'infirmière", du "jeune ado de 16 ans", de "l'hypersensible", du "vieillard", du "sophrologue", du "prof", du "peintre", de "la mère célibataire"...

Oubliant au passage que la case ne peut suffire à définir...

Que derrière l'image il y a l'humain.

Que si nous allons un tout petit peu plus loin, en nous-mêmes, les traits communs de la case s'effacent pour laisser place à une forme singulière, faite de tours, de détours, de contours ; d'ombres et de lumières éclatantes ; faite d'un passé et de rencontres, de peurs et d'ambitions... D'amour aussi...

Mais ça fait peur, peut-être un peu, parce que c'est inconnu..

Parce qu'on ne connaît pas toutes les lignes, et ça pourrait bien faire des virages, ça pourrait même prendre du temps, de se connaître vraiment...

L'affaire de toute une vie


On pourrait rester dans ces cases, oui, et s'y tenir.

On pourrait rester dans ces cases, oui, et s'y réduire.


Et puis... Et puis...

Et puis on pourrait en sortir, par un soir de printemps.

Parce que ça nous prend. Parce que la curiosité est plus forte tout à coup, d'aller voir ailleurs ce qui s'y passe ou parce que sur notre chemin ce sera trouvé un être d'une autre sorte qui nous y emmènera...

Ça pourrait nous prendre d'aller nous découvrir dans d'autres mondes, dans d'autres exercices, sur des routes que l'on ne connaît pas...

Et peut-être juste pour le plaisir.

Pour le plaisir de pouvoir choisir.

Dans la Joie d'ajouter à notre univers de nouveaux contours, de nouvelles rencontres, des découvertes et des souvenirs.

Des "j'ai essayé".

"J'ai ressenti".

"J'ai vécu".


Et retourner un moment peut-être dans cette case agrandie qui sera la nôtre.

Contempler un moment ce nouvel horizon.

Ce "nous" en plus grand qu'on aura cessé de rêver et que l'on aura éprouvé.


Jusqu'à la prochaine ligne qu'il nous prendra de suivre...

Il y a dix mois encore, je ne courais pas. N'avais jamais couru à vrai dire... Et la case des sportifs, je ne la pensais pas pour moi...

Et puis la vie, l'envie et Lui.

Et puis les premiers pas.

Et aujourd'hui, un horizon nouveau vers lequel aller, juste pour ressentir.

Saisir.

Connaître...

Me connaître.


Le Marathon.

On pourrait rester dans nos cases...

Ou en sortir tranquillement, à notre rythme.

Un pas après l'autre.


Serait-ce cela, alors : construire une vie?


...







49 vues

© 2018 par Rose-Hélène Rousseau.Tous droits reservés

Créé avec Wix.com