SOPHROLOGIE EN 4 DIMENSIONS

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Aujourd’hui, j’ai envie de t’écrire ma sophrologie, parce que cela m'est important.

J’ai envie de lancer mes mots pour d'autres échos.

Ajouter ma sensibilité à d’autres frissons, partager ma vision avec d’autres yeux.


Je nous sais prudents dans la profession.

Prudents dans la façon de dire et dans les images employées.

Sensibles, aussi, à l’équilibre du discours : il ne faudrait pas gâcher tous les efforts (que je salue) fournis par nos pairs (que je remercie) à faire reconnaître et à prouver les bienfaits de notre métier.

Mais à force de prudence, il peut arriver que l'on laisse en silence des parts de ce que l'on fait, et dans l’ombre des fragments de ce que l'on est.

Il peut arriver aussi que l’image se fasse d’elle-même et qu’un jour nous nous apercevions qu’elle ne nous convient pas : la sophrologie se serait finalement adaptée à un monde qui ne tourne pas vraiment rond, aurait adopté son temps.

Elle serait devenue un produit "mainstream" car d’autres plus causants auraient vu là son heure de gloire : ce 21ème siècle épuisant et dissonant dans lequel elle pourrait faire partie des sauveurs.

L’image pourrait plaire je comprends : sacrée avancée pour la discipline et « bim ! » : pied de nez au passage à tous ceux qui auraient été médisants il y a 20 ans.


Mais souvent, pour être un produit mainstream, il faut correspondre à une image bien faite, de celles qui entrent dans un carré, un rectangle, un 16/9eme pourquoi pas.

Quelque chose qu'on puisse vendre rapidement, en une phrase bien tournée.


Je m’interroge : l'essence de la sophrologie ne passe-t-elle pas à l’As dans ce cadre tout fait ?

Il me semble que cela demande du temps de parler de ce qui ne se voit pas.

Ça prend du silence et du vide aussi, et le monde il n’a pas toujours l'espace pour ça.

Et certains diraient : « le vide ça ennuie et ça fait peur parfois ! »

Alors aujourd’hui j’ai envie de prendre ce temps et de l’offrir aussi.

De partager avec toi ma sophrologie.

Et tu auras le droit de ne pas être d’accord ou de poser des questions.

On se donnera le droit de discuter, de changer d’avis ou de rester sur nos positions.

On aura le droit de se sourire et de s’aimer !

On aura le droit de rire de nous-mêmes, de plaisanter.

De se trouver juste humains.

Un peu rien


Et un peu tout à la fois.



I : LA SOPHROLOGIE EST DE DIMENSION SCIENTIFIQUE

Celui qui le dit, c’est le professeur Caycédo.

Neuropsychiatre espagnol, en recherche d’alternative aux électrochocs, il s’est servi de ses connaissances, de ses expériences, de ses rencontres et de ses voyages pour développer dans les années 60 une méthode d’étude d’une conscience harmonieuse (SOS- Harmonie / PHREN – Conscience / LOGOS – étude).

Cette dimension scientifique est notre base : celle dont nous nous servons, sophrologues, pour accompagner, guider, proposer. Elle est présente sur mon bureau, dans des classeurs de techniques et de protocoles élaborés dans un souci de résultat et de dynamique.

C’est celle que d’autres continuent de confronter, de questionner, de prouver, aidés aujourd’hui par les technologies à notre disposition, images à résonnances magnétiques pour ne citer qu’elles.

(Vous trouverez en ce sens différentes études en fin d’article).

Celle aussi qui se lie d’amitié avec la médecine pour trouver des alternatives et des mises en application.

Car si la sophrologie n’est pas de dimension médicale, elle s’y mêle parfois. Non pour s'y substituer mais pour la compléter, pour l'épauler dans la gestion des effets secondaires de traitements lourds par exemple.

Le sophrologue est alors toujours dans le souci d'un travail d'équipe avec le personnel médical. Sinon, il n’est pas sophrologue. Point.

Il y a des choses, vois-tu, sur lesquelles on ne transige pas.

La science a un cadre, celui-ci en est un.

Et, bien qu’elle se mêle au domaine, la sophrologie n’a pas vocation à guérir.

Elle n’a pas de "patient" mais plutôt des « actifs », des « acteurs », des « vivants ».

Ce qui est certain c'est que ce sont eux qui apprennent, ce sont eux qui font le chemin et trouvent ce dont ils ont besoin. Ce sont eux, aussi, qui deviennent scientifiques à leur tour, explorateurs de leur corps, de leur univers, de leur "moi".


La conscience, il n’y a que soi pour la vivre pleinement, pour l’expérimenter, pour la comprendre pas à pas, ou la retrouver parfois.


II : LA SOPHROLOGIE EST DE DIMENSION PHILOSOPHIQUE


Nous pourrions en parler pendant des heures, des pages.

Y passer des lignes et des lignes.

Nous pourrions évoquer la maïeutique socratique qui place en son centre la valeur des questions posées auxquelles chacun, ensuite, apporte sa réponse propre, et qui résonne parfois pour moi dans l’écoute et l’accompagnement que je choisis de mener.

On pourrait parler de la phénoménologie, cette approche par l’expérience dont Caycédo s’est inspiré. Et rien ne nous empêchera d’y revenir une autre fois.


Mais je ferai court, concis : si la sophrologie est de dimension philosophique, c’est parce qu’elle nous invite à éprouver la vie et notre rapport au monde puis, si on le souhaite, à le penser.

Par les pratiques qu’elle propose, elle soulève ce que nous sommes prêts à voir pour cheminer et trouver notre propre vérité.

Une vérité faite des valeurs que nous voulons porter, des expériences menées mais aussi de l’écoute que nous aurons eu des autres lors des moments de partage.

III : LA SOPHROLOGIE EST DE DIMENSION SPIRITUELLE


La sophrologie est spirituelle, et pour ne pas avoir peur du terme, prenons le temps de lui donner des contours et une forme.

La spiritualité, c'est pour moi, ce qui guide nos pas, trace nos chemins et qu'on ne sait pas toujours nommer. Ce peut être nos valeurs, des forces intérieures, notre sensibilité.

Entendre notre spiritualité, c'est laisser être, aussi, ce qu'on ne voit pas toujours exister.

Le présent.

Le souffle du vent.

L'amour.

Un futur.

C'est aussi savoir dire parfois : "je ne sais pas", comme on accepterait qu'un Temps plus large nous dépasse.

Si la sophrologie est spirituelle, c'est parce qu'elle nous invite à contempler et accueillir notre corps mais aussi ce qui le meut. Cette vie qui passe à travers lui.

III : LA SOPHROLOGIE EST DE DIMENSION POÉTIQUE


La poésie de la sophrologie, c’est avant tout celle de l’Homme qu’elle accompagne.

C'est l'expression de ses connaissances, de sa conscience ; l'expression de ses questions et de ce qui le traverse. La façon dont il aura avancé, et parfois reculé.

Les traces intérieures laissées par les frustrations, les colères ou une éducation et la façon unique dont elles apparaissent encore parfois.

Les sillons creusés par les Joies, les rires et l’Amour, et la manière dont ils se remplissent chaque jour.

C’est ce qui émerge des profondeurs, qu’on l’ait cherché ou non.

Ce sont des lumières incandescentes qui nous poussent vers un ailleurs ou des ombres qui nous retiennent. C’est la fleur, cueillie enfant, et qui laisse, sans que l’on sache vraiment comment, son image et l’odeur sucrée d’un été sur le bout de notre langue. C’est un autre temps, où tous les passés et futurs s’effacent.

C’est la prégnance d’un mouvement, d’une danse au-dedans, d’un magma palpitant, qui suivrait des vents intérieurs.

La poésie, c’est tout ce qui frémit là.

La poésie, elle est dans l’expression de tout ce qui te fait toi.

Je pense alors : la poésie existerait-elle sans ce temps laissé à la rendre palpable ?


Les fleurs de l’enfance, les nuages qui se fanent au lointain, l’amour et les passions, c’est le corps qui les attrape, le corps qui les frôle, leur donne une forme et la possibilité d’une couleur. Le corps qui leur donne un souffle. C’est le corps qui révèle en toi la vie.

Voilà sûrement ce que la sophrologie a à offrir : la découverte de sa propre poésie.

POUR CONCLURE


Alors tu vois, je ne crois pas aux solutions toutes faites, aux exercices de bien-être et respiration qu’on trouverait sur une boîte de céréales, quoique l’image me fasse sourire.


Moi je crois en toi, en lui, en elle, en eux…

Je crois en cette immensité que chacun possède et dans laquelle parfois nous craignons de nous perdre, alors que nous y sommes chez nous.

Je crois à la respiration comme celle qui fera vibrer le parfum d’un champ de lavande dans ton sang, ou celle, encore, que tu prendras un matin, profonde, qui animera ta journée…

Ta respiration comme un rire saccadé ou une vague nocturne, la caresse au rivage de ta conscience.

Je crois en une respiration vivante, personnelle, inconstante.

Je crois en toutes celles de la vie, depuis celle du premier cri.

Et je crois en tout ce qu’elles disent de toi et de ce que tu vis.

Et comme je crois en tes respirations, je crois aussi en tes sensations, en tes émotions et tes valeurs.

Je pense qu’elles sont un monde, ton monde, et qu’il n’y en a pas deux identiques.

Je crois en une sophrologie qui à force d’expériences, commence à savoir.

Je crois en une sophrologie qui sait remettre en question.

Je crois en une sophrologie qui rappelle qu'on ne sait pas tout

Je crois en une sophrologie comme le partage et l’harmonie des langages de chacun. Je crois en une sophrologie qui n'oublie pas le cœur dont elle est faite et qui se meurt si elle ne s'en nourrit pas : l'Humain.



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SOURCES :


Les études menées :


Efficacité de la sophrologie dans le traitement de l'insomnie chronique : http://www.cenas.ch/wp-content/uploads/50994640.pdf


Sophrologie et accompagnement des personnes en fin de vie : https://www.cairn.info/revue-infokara1-2004-4-page-135.htm#


Impact de la sophrologie sur la tolérance des séances de ventilation non invasive chez des patients en insuffisance respiratoire aiguë : https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0750765809000392#!


First assessment of sophrology for the treatment of subjective tinnitus : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1879729620300831#! )


En apprendre plus sur le parcours d’Alfonso Caycédo :

https://alfonsocaycedo.com/livres/


Références sophrologiques :

La sophrologie, de Richard Esposito

La sophrologie : Mobiliser ses ressources pour gagner en autonomie et s'épanouir de Norbert Cassini


Pour aller plus loin sur la notion de conscience :

- Émission radio : « La science peut-elle expliquer la conscience ? »

https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/la-science-peut-elle-expliquer-la-conscience

(Rappel définition : Science = Ensemble cohérent de connaissances relatives à certaines catégories de faits, d'objets ou de phénomènes obéissant à des lois et/ou vérifiés par les méthodes expérimentales.)

(Rappel définition : Philosophie = Ensemble des questions que l'être humain peut se poser sur lui-même et examen des réponses qu'il peut y apporter ; vision systématique et générale (mais non scientifique) du monde)


(Rappel définition : Spiritualité = Qualité de ce qui est esprit, de ce qui est dégagé de toute matérialité : La spiritualité de l'âme, de la poésie.)


(Rappel définition : Poésie = Art du langage, visant à exprimer ou à suggérer par le rythme (vers ou prose), l'harmonie et l'image.)

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